Mercredi soir dernier, je me suis rendue au cinéma pour assister à une projection spéciale du film « Lettres d’amour de ma grand-mère » en présence d’une partie de l’équipe du film. Après les deux heures de projection (dans une salle remplie en majorité de personnes de nationalités chinoises), il n’y avait plus un seul oeil sec… Y compris les miens !

Réalisateur: Lan Hongchun
Durée : 1h58
Nationalité : Chine
Date de sortie : 2 septembre 2026
Note (/9) : 9/9
Résumé : Pendant des décennies, Ye Sogriu a survécu grâce aux lettres et aux mandats que son mari lui envoie depuis la Thaïlande. Lorsque son petit-fils Hiou-ui part sur les traces de son grand-père, il découvre que l’histoire derrière cette correspondance est bien différente de ce que la famille avait toujours imaginé.
À mesure que ressurgissent des souvenirs enfouis et des gestes de dévouement restés dans l’ombre, se dessine le portrait d’existences liées par la séparation, le sacrifice et le temps.
Mon avis
Le contexte
C’est le troisième film du réalisateur Lan Hongchun. Mais le premier à connaître une sortie en France, probablement grâce à sa forte popularité dans les salles chinoises. Lui-même d’origine de la préfecture de Teochew, située dans l’Est de la Chine, une région fortement marquée par l’émigration. Plus spécifiquement, la région est connue pour les « qiaopis ». Des lettres souvent écrites par des écrivains publics, envoyées par les migrants à leur famille. Dans ces lettres, ils donnaient des nouvelles et souvent, joignaient de l’argent à la missive. Cet ensemble de lettres est aujourd’hui inscrit au registre Mémoire du monde de l’Unesco. Et c’est justement sur ces lettres que le réalisateur s’est basé pour produire ce film.
Le film se sépare en trois timelines différentes.
La première est la plus courte est celle de Ye Sogriu. La grand-mère, qui, dans son enfance tombe amoureuse. Elle s’enfuit donc avec lui pour fonder une famille, avant d’être séparés par la guerre. Et, suite à ce qui s’apparente à une ultime trahison, les deux amoureux se séparent pendant plus de soixante ans. Puis, dans le présent, son petit-fils, Hiou-ui, part en Thaïlande sur les traces de son grand-père. D’abord pour des raisons financières, il finit par retrouver sa trace. Ce qui permet au film d’effectuer son ultime retour vers le passé. Enfin on suit l’histoire de Li Shuhao, une jeune aubergiste qui se lit d’amitié avec Den Bahgseng (le grand-père), alors venu en Thaïlande fuir la guerre.
Mon ressenti
Le film est poignant. Il commence de manière assez légère, assez drôle, puis rapidement devient plus sérieux. Je ne rigole pas quand je dis qu’on a bien besoin de mouchoirs ! Le film nous rappelle également que l’amour n’est pas forcément romantique. Il met en avant l’amitié entre Den Bahgseng et Li Shahao. Une relation aussi drôle que touchante ! Et surtout qui transcende le temps, puisque même après soixante ans, elle semble toujours aussi forte. J’ai adoré découvrir la vie difficile mais entourée du grand-père en Thaïlande, ainsi que tous ses efforts pour retrouver sa famille. Mais j’ai été touchée par la détermination de Li Shahao et sa force, dans une époque où être une femme était synonyme de « mère au foyer » et « bonne épouse ». Comme l’actrice elle-même le souligne, c’est un personnage qui ne s’énerve pas, préférant être ferme et droite dans ses bottes.
D’une autre manière, on nous présente également une forte amitié entre Li Shahao et Ye Sogriu grâce aux fameuses qiaopis, mais je n’en dirais pas plus (no spoil !). Enfin si : la scène finale est tellement chargée en émotion qu’il est impossible de ne pas avoir les yeux mouillés. Mouchoirs obligatoires !
Si vous avez l’occasion de découvrir le film, foncez ! Vous ne regretterez absolument pas la découverte.

