
The Ugly, réalisé par Yeon SangHo, est sorti en salle en France le 29 juillet 2026.
D’une durée d’1h45, le film met en avant un duo père-fils interprété par Kwon Hae Hyo, qu’on a également pu voir dans Wedding Impossible ou la saison 1 de Flex x Cop. Et Park Jeong Min, personnage principal des dramas Newtopia aux côtés de Jisoo ou encore Hellbound.
Résumé : Aveugle de naissance, un maître artisan, admiré pour la beauté des sceaux qu’il grave, vit reclus avec son fils unique. Mais cette paix vole en éclats lorsque les ossements de sa femme, disparue quarante ans plus tôt, sont découverts.
Son fils entreprend alors de mener l’enquête sur ce passé. Cette quête de vérité va dévoiler de lourds secrets, de ceux qui touchent à la laideur humaine.
Un peu de contexte…
Lundi 3 août, j’ai eu la chance d’être invitée par le Centre Culturel Coréen pour découvrir le nouveau film de KMBO : The Ugly. Produit par l’excellent réalisateur Yeon SangHo, également connu pour ses séries horrifiques telles que Hellbound ou Parasyte : The Grey, mais surtout pour ses films Le Dernier Train pour Busan et plus récemment Colony, il nous livre ici une intrigue où se mêlent enquête policière, drame familial et réflexion sociale.
Le film suit Im Dong-hwan, le fils du célèbre graveur de sceaux et aveugle de naissance Im Yeong-gyu, qui apprend le décès de sa mère suite à un appel de police qui ont retrouvés ses ossements. Après plus de 40 ans, ce squelette fait remonter à la surface de nombreux secrets enterrés dans le passé. Accompagné d’une journaliste avide de sensationnel, Dong-hwan remonte sur les traces de sa mère. Son but ? Trouver une photo d’elle pour son enterrement. Et chaque nouveau fragment de vérité déterrée le rapproche un peu plus de ce qui a pû arriver à sa mère… 40 ans plus tôt.
Le film met également en lumière les préjugés de la Corée du Sud des années 70, revisité sous forme de flashbacks. Selon le réalisateur lui-même, « j’ai imaginé la mère, Jung Young-hee, comme un agent révélateur. Elle est victime de la haine et des préjugés qui accompagnent cette période de prospérité, dissimulés sous un récit national qui n’a que les mots « réussite », « succès » et « rendement » à la bouche. » Un personnage terriblement humain dans une époque où les gens semblaient être des machines.
Mon avis
C’est un film poignant et cruel de vérité. Les films et séries précédentes du réalisateur créaient l’horreur avec des monstres. Ici c’est la société humaine, le monstre. Au départ dubitative sur la traduction du titre « The Ugly » qui semblait se focaliser sur l’apparence hideuse de la mère. Le film m’a fait changé d’avis. En soit, « The Ugly« , ça désigne l’atrocité de la condition humaine et le monstre qui sommeille en chacun de nous. C’est peut-être aussi pour cela que tout le monde dans le film décrit Young-hee comme « laide ». Ils transposent leur propre laideur intérieure en elle, en la regardant avec leur biais cruel et sombre.
Ce film est très touchant et tourne autour d’une seule question. »Si quelqu’un de bien fait quelque chose de mal, est-ce que ça fait de lui quelqu’un de bien ou de mal ?« . Une question posée par Young-hee pendant le film. Et elle semble trouver un écho tout au long du film, jusqu’à son dénouement final. Chaque flashback des années 70 nous brise un peu plus le coeur pour ce personnage. Elle est mise de côté jusqu’à la fin. Même Im Yeong-gyu, qui aurait pu être ostracisé à cause de sa cécicté, est plus accepté que sa femme.
La performance de Kwon Hae Hyo est brillante dans le rôle de cet homme aveugle et talentueux. Un personnage qui cache une haine profonde de la société et de son handicap. J’ai été particulièrement touchée par Park Jeong Min dans le rôle du fils dévoué au père qui l’a élevé. On le voit évoluer aux fils des révélations sur l’histoire de sa mère, jusqu’à la révélation finale qui le pousse à faire un choix déchirant, et quelque part, cruel.
Le film est en salle jusqu’au 19 septembre (voire plus s’il connaît un certain succès).


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