Les dramas verticaux, ou l’arme secrète de la Chine

Vous l’avez compris, aujourd’hui on va parler des dramas verticaux. Un fléau qui nous vient principalement de la Chine… Même si la Corée du Sud et les États-Unis commencent a lui emboîter le pas.

Imaginez que vous vous baladiez tranquillement sur Instagram ou Tiktok. Vous passez d’une vidéo mignonne d’une interaction entre un idol et une fan… A une vidéo thirth trap de Mingi sur fond d’aboiement. Et LÀ : vous tomber sur une publicité pour une série. Un titre caché par la caption et un scénario à faire trembler Hollywood. Une jeune femme voulant faire une surprise à son mari… Et découvre avec horreur qu’il la trompe ! Souvent avec un premier amour revenu de l’étranger quelques semaines plus tôt. Et plutôt que de choisir l’option logique de castrer chimiquement son mari infidèle… Elle décide d’entrer, se mettre à pleurer et demander des explications.

Et c’est à ce moment précis que vous réalisez que vous êtes devant cette vidéo à l’acting médiocre depuis déjà quinze secondes de TROP, mais c’est TROP TARD… L’algorithme Instagram et Tiktok a compris que cette vidéo vous a intéressé. Et vous en envoie désormais régulièrement. Vous vous sentez obligez, petit à petit, de craquer. Et vous allez chercher certains de ces dramas sur internet, vous faisant ainsi plonger dans la spirale infernale Dailymotion… Hein ? Non ? Juste moi ?… Ok.

Mais alors, qu’est-ce qu’un drama vertical ?

Les « duanju », ce sont des séries filmées au format vertical (choquant, je sais). Environ 50 à 80 épisodes une durée maximum de 2 minutes par épisode… Les intrigues sont très simplifiées. Elles se basent majoritairement sur des clichés vu, revu et tellement usés que même mamie ne peut plus continuer à rapicier les trous. Elles présentent des personnages stéréotypés au maximum. Et le tout diffusé la plupart du temps sur des applications qui… T’obligent à prendre des abonnements de 15€/mois pour cumuler des pièces et débloquer les épisodes.

Ce sont des séries qui sont pensées pour être regardées sur nos téléphones. Et surtout qui ont été pensés sur la format des vidéos Douyin (aka le Tiktok chinois) ! Les scénarios sont là plupart du temps généré à l’IA. Elles tourné avec un IPhone. Et avec des acteurs que personne n’a jamais vu, bien que certains aient gagné en popularité grâce à ces séries.

En 2025, l’application ReelShort a détrôné Tiktok dans la catégorie « divertissement » de l’App Store aux États-Unis. Elle a été téléchargé 30 million de fois. C’est une industrie qui a commencé en 2013 sur Youku Tudu. Puis, a été démocratisée par Douyin. Et qui pèse plus de 8 milliard de dollars en Chine aujourd’hui !

Pourquoi est-ce que ces dramas dont aussi addictif ?

Vous voyez ces pubs pour jeux mobiles dans lesquels vous avez un « joueur » qui fait exprès de prendre les mauvaises décisions pour que vous, derrière votre écran, vous soyez là « mais non, c’était sur le bleu qu’il fallait appuyer, t’es daltonien ou quoi ?! » « Oui. » Spits tea

Les dramas verticaux utilisent à peu près le même process quand ils vous bombardent de publicités sur Instagram ou Tiktok. Ils sélectionnent le passage qui va provoquer le plus de réaction (une confrontation, une demande de divorce, la découverte d’une tromperie) pour que vous ayez envie de rester, connaître la suite, voir la vengeance ou en tout cas, le déclin du « villain ».

Mais surtout, la raison principale qui explique que ces dramas fonctionnent, c’est qu’ils surfent sur un genre littéraire qui a plutôt le vent en poupe, et qui est malheureusement utilisé à de mauvaises fins, surtout récemment : la dark romance. Ces séries verticales mettent en avant des relations extrêmement toxiques, avec des hommes violents, autant physiquement que mentalement, et des femmes trouvées au rayon « paillasson » de votre Zara Home de plus proche.

Ces séries, issues d’un croisement contre nature entre le studio « Hallmark » et les tréfonds des chroniques Wattpad, continuent de pulluler telle une mauvaise herbe grâce à des applications qui surgissent tous les quatre matins. Fun fact d’ailleurs, mais l’entreprise KFTV est récemment devenue KYOOL, et vient de se lancer en France pour proposer le même principe de dramas verticaux CORÉENS, cette fois. J’ai pu voir des extraits de leurs dramas et honnêtement, on retrouve des séries assez clichés avec les mêmes personnages stéréotypés, mais les intrigues changent un peu de l’ordinaire donc je vais peut-être leur laisser une chance.

Que faut-il en retenir ?

À l’image de la « dark romance », ces séries savent qu’elles trouveront leurs publics. Certains découvrent même les séries chinoises par ce biais, avant de passer aux web-dramas , qui est un peu le niveau intermédiaire avant d’entamer les séries chinois et leurs 40 épisodes de 50 minutes.

Si vous n’aimez pas la dark romance, vous n’accrocherez probablement pas à ce style de série, bien qu’il y ait une infime partie qui soit de la romance pure, la grande majorité semble être une compétition pour déterminer celle qui pourra offrir le scénario le plus toxiquement stupide.

Maintenant, pour avoir, pendant un long moment, payé un abonnement pour regarder ce style de dramas dans le métro en rentrant du boulot, c’est un excellent moyen de débrancher son cerveau et un très bon catalyste d’emotions négatives. Ah tu termines ce style de drama et directement tu peux prendre ton téléphone et tweeter que « tous les hommes sont des chiens de la KASS ».

Sur ce, merci de m’avoir écouté et on se retrouve dans deux semaines pour une prochaine vidéo, bye byyye !

Découvrez la vidéo suivante : From Oppa to Gege : c-dramas vs k-dramas

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