Est-ce que vous aurez la référence si je vous dis « Ni hao fine shyt » ? Si vous avez eu la désagréable impression que je viens d’insulter tout votre arbre généalogique, c’est probablement que non. Et ça tombe bien, parce que ça va être notre sujet du jour. Vous l’avez sûrement deviné au titre de la vidéo, on va parler aujourd’hui de ce phénomène, assez récent, que j’ai décidé de nommer « l’exode gege-esque ». C’est un phénomène qui consiste à lentement, mais sûrement, commencer à regarder PLUS de c-dramas que de k-dramas, alors qu’il y a deux ans, vous mangiez des dramas coréens matin, midi et soir. Et si vous pensiez que c’était juste une mode, ou une passion temporaire, je vais vous expliquer pourquoi à mon sens, ça ne va pas changer de si tôt.
Petit disclaimer avant de commencer : toutes les raisons que je vais évoquer sont principalement personnelle, même si j’ai fait un bref sondage parmi mes abonnés sur les réseaux, donc si vous n’êtes pas d’accord avec les exemples que je vais donner, c’est totalement valide. Et sentez-vous libre aussi de me donner VOS raisons en commentaires si, comme moi, vous avez suivi l’exode.
La durée et la récurrence des épisodes
Une des raisons les plus citées, que ce soit parmi les inconditionnels des dramas coréens et les passionnés de dramas chinois, c’est la longueur des épisodes.
Les k-dramas
Et pour être honnête, quand j’ai commencé à regarder des dramas coréens, j’appréciais les longs épisodes d’une heure et les séries de 16 à 20 épisodes. On avait le temps d’apprécier les personnages, de s’immerger dans l’intrigue et surtout, on avait le temps de s’attacher émotionnellement, et donc on se sentait vraiment concerné par les révélations et les « plots twist ».
Et depuis l’arrivée de « Squid Game » en 2021, et donc depuis que Netflix a décidé de mettre ses gros doigts dans l’industrie des dramas coréens, on a des épisodes moins longs et des séries beaucoup plus courtes. Aujourd’hui, on a du MAL à trouver des séries coréennes qui dépassent les 10, 12 voire 14 épisodes ! Et du coup, les intrigues deviennent plus compactes, et par conséquent, se reposent sur des clichés qui commencent à s’user, ce qui procure chez le spectateur un certain sentiment de lassitude.
De plus, les dramas coréens ont choisi deux modes de diffusion : soit on aura deux épisodes par semaine, soit tous les épisodes sortent d’un seul coup (notamment les séries produites par Netflix). Pour le spectateur, l’attente peut-être longue, sauf si on regarde plusieurs dramas en même temps pour avoir un épisode par jour, mais du coup, on se perd et on ne sait plus ce qu’on a vu ou pas encore vu.
Les c-dramas
A l’inverse, les dramas chinois m’ont toujours paru TROP long. Entre 35 et 50 épisodes, qui font chacun presque 45 à 50 minutes, des génériques d’ouvertures de quasi 2 minutes et un grand nombres, souvent, d’épisodes « fillers »… Honnêtement, ça ne donnait pas très envie. Mais si vous deviez choisir entre une industrie qui vous propose des formats de plus en plus courts, compacts et clichés, et celle qui vous propose des formats stables, longs, complexe et assez originaux, vous choisiriez quoi ? Certes, il reste des clichés parce qu’il en faut toujours pour construire une intrigue, mais les scénarios sont assez divers et, on va le développer juste après, mais la Chine a su tirer son épingle du lot grâce à deux genres très populaires…
Concernant le rythme de publication, la Chine propose généralement un « hard launch » d’une nouvelle série, avec 4 épisodes d’un coup le premier jour, puis entre un et deux épisodes par jour, et certaines plateformes offrent un « fast pass » pour débloquer tous les épisodes d’un coup. Pour le spectateur, ça crée un « rendez-vous » quotidien et ça permet de toujours avoir un épisode à regarder le soir après le travail.
Les thèmes abordés/le type de scénario
La raison n°2 et celle que j’ai teasé juste avant, c’est le type de scénario ou les thèmes abordés.
Les c-dramas
Pour commencer par la Chine cette fois, ils ont bien compris comment se démarquer et attirer leur public : les « wuxia » et « xianxia » (pour rappeler la différence : les « wuxia » sont les séries se basant sur le concept des sectes et arts martiaux, sans notion de surnaturel, tandis que les « xianxia » sont les séries fantasy, avec démons, créatures mystiques et pouvoirs magiques). Ce sont les séries chinoises les plus populaires, avec des exemples comme « Love between Fairy and Devil », « My Journey to You » ou plus récemment « Pursuit of Jade ».
Généralement, et c’est mon cas, c’est LA raison qui fait que les gens se tournent vers les dramas chinois. En Corée, ce style de série mêlant fantasy et historique sont assez rares. On a eu « Alchemy of Souls », qui reste un de mes dramas coréens favoris, mais c’est très peu exploité en Corée. Il y a plusieurs séries avec des créatures mystiques, mais ce sont souvent des séries plantées dans le monde moderne, rarement dans un contexte historique, sauf en cas de flash-back.
Les k-dramas
Du côté de la Corée, et là c’est purement personnel, mais leur grande force sont les thrillers psychologiques. « Vigilante », « The Devil’s Judge », « Flower of Evil », « Mouse »… Quand il s’agit de te retourner le cerveau au point où tu en viens à te demander si tu existes réellement ou si tu n’es qu’un produit d’une hallucination, les coréens sont les champions.
Malheureusement, la grande force aujourd’hui des dramas coréens, ce sont surtout les dramas romantiques, et à ce niveau, je trouve que ça manque de renouveau. Les thèmes qui reviennent sont souvent toujours les mêmes, et souvent les dramas coréens récents semblent tous trébucher sur les derniers épisodes, ce qui donnent lieu à des retours mitigés des spectateurs qui restent frustrés face à ces fins souvent « accélérées » pour mettre sous silence des détails pourtant cruciaux.
Là pour le coup, c’est purement des goûts personnels, mais j’ai l’impression que l’industrie du drama coréen romantique commence à se rapprocher de l’industrie des films Hallmark, et je ne sais pas si c’est nécessairement une bonne comparaison.
La promotion sur les réseaux
Si vous ne regardez pas de dramas chinois, vous passez à côté de BEAUCOUP de choses.
Les c-dramas
En effet, là où les dramas coréens se reposent sur des émissions de variétés, ou les réseaux sociaux des acteurs et de la chaine de distribution pour promouvoir leurs séries, ce qui donne un peu un effet assez « Hollywood » pour certaines productions, les cdramas ont totalement compris le pouvoir des réseaux sociaux.
Challenges Tiktok, behind-the-scene ou bloopers, repost des “meilleures scènes” de la série, captions qui semblent écrites par les FANS de la série et/ou des acteurs, l’industrie chinoise sait ce que le public veut voir et comment lui donner.
A l’image du fan-service thaïlandais, la Chine permet au public de suivre la série de ses balbutiements (les fans peuvent venir voir la cérémonie de début de tournage) jusqu’à la fin des promotions. Et surtout, ils ont visiblement des comptes fans pour espionner le public, voir les scènes, les moments ou les acteurs qui gagnent en popularité et immédiatement jouer dessus pour promouvoir la série.
Les k-dramas
Pour faire une comparaison plus simple, les dramas coréens vont avoir une approche quasi télévisuelle pour leurs promotions, alors que les dramas chinois vont plutôt avoir une approche youtubeur/influenceur-esque. Par conséquent, ils sont plus proche du public, résonnent mieux avec eux et « volent » la place des dramas coréens dans nos petits cœurs d’artichaud.
L’essor des drama verticaux
On en a déjà bien longuement parlé lors de la dernière vidéo, mais la Chine a développé le meilleur moyen possible s’asseoir complètement sa dominance sur les réseaux sociaux avec les dramas verticaux. Le pourcentage de dramas verticaux chinois par rapport aux dramas verticaux coréens est probablement un bon 70/30. Je ne vais pas revenir dessus en détails, je vous laisserai aller voir ma dernière vidéo sur le sujet, mais ça explique aussi pourquoi est-ce que la Chine semble avoir autant le vent en poupe en ce moment.
En conclusion, les dramas chinois ont vu le système coréen commencer à défaillir et se sont engouffrés dans la brèche. Et maintenant qu’ils sont là, ils ont bien envie d’y rester. La Chine a bien vu la Corée s’imposer comme destination touristique grâce à l’industrie des séries, et compte bien prouver qu’elle n’est pas en reste… Maintenant, la question, c’est est-ce qu’on va survivre à ce duel de série ?
Pour le moment, il reste encore très compliqué de se procurer du merch des séries chinoises car il n’existe aucun magasin disponible en Europe, mais si quelqu’un passe par ici et veut s’incruster dans un marché qui a le vent en poupe, je serais ravie de participer au projet !
On se retrouve sur mes réseaux sociaux pour continuer d’échanger sur nos binge-watching du moment et pour parler autant de kdramas que de cdramas, promis.
Sur ce, je vous dis à dans deux semaines pour la prochaine vidéo, by-bye !
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